Clément en Suède

Deux semaines à Luleå

Stockholm !

2025-06-15

Luleå, lundi 17 juin, 8h45.

Samedi matin, après une traversée somme toute monotone des grandes plaines plates et pas passionnantes séparant Malmö de Stockholm, je suis enfin arrivé à la capitale, à 12h07 tapantes ! Stockholm, ses quatorze îles, ses cinquante ponts ! Stockholm, où bien trop de gens sont bien trop blonds !

Une belle ville malgré tout, dans laquelle, par un heureux hasard, une amie venait d’emménager. Hôte de qualité, non contente de m’accueillir sur son confortable canapé (IKEA, bien sûr), elle m’a en plus fait traverser toute la ville et a mis sous mes yeux fatigués quelques-uns de ses endroits remarquables. Petit florilège.

Ah, la mer.

Stockholm, c’est avant tout un immense port et de nombreux ferries et autres voiliers qui circulent un peu partout. Voir constamment la mer faire irruption au cœur de la ville a quelque chose d’apaisant. Ça interrompt le trafic urbain, on voit pêcher les gens, et on y croise des mouettes à tête noire, des oies, et d’autres bêtes que je n’ai pas reconnues. Ça change des pigeons parisiens (même si j’en ai vus !).

Gamla stan.

Le cœur historique de la ville, c’est Gamla Stan (littéralement « la vieille ville », on reconnaît Stadt, en allemand). Elle a été fondée au 13e siècle lorsque, d’après la légende, le dirigeant de l’époque est parti à la recherche d’un endroit où installer sa nouvelle capitale car la précédente, Sigtuna, subissait trop de raids de bandits. Il aurait évidé un tronc et l’aurait rempli d’or puis mis à l’eau ; le tronc a alors flotté jusqu’à l’île qu’occupe désormais Gamla Stan. L’île du tronc, que l’on traduit en Suédois par… « Stock holm » !

Face à face ferroviaire.

Pas d’anecdote historique pour cette photo, simplement une rencontre symbolique qui m’a fait sourire : en plein cœur de la capitale, deux trams se font face : l’ancien, fleuron technologique d’une époque révolue, et le nouveau, qui porte les couleurs de Google. Si je n’avais pas peur que la police des clichés littéraires viennent enfoncer ma porte, je dirais bien que la Suède est un pays « entre modernité et tradition ». Blague à part, il est impressionnant de voir à quel point le pays est connecté (un seul exemple : le wifi parfaitement fonctionnel dans tous les trains !) et le gouvernement insiste sur sa stratégie numérique visionnaire.

Heureusement, pour que je ne sois pas trop dépaysé, le gouvernement fait parfois absolument n’importe quoi… et il y a même un musée consacré à leur plus gros ratage, que voici :

Vas-y, Vasa.

Le Vasamuseet (= le musée Vasa), sur l’île de Djurgården, est un immense bâtiment consacré au plus grand navire de guerre de la marine royale suédoise à l’époque moderne : le Vasa. construit entre 1625 et 1628, ce trois-mâts de presque 70 mètres de long et 50 mètres au-dessus de la ligne de flottaison avait à son bord près de 50 canons et plus de 400 hommes, et emportait 1400 tonneaux !

Le problèm principal étant qu’il ne les a pas emportés bien loin, ces tonneaux : lors de son voyage inaugural, le 10 août 1628, le Vasa, mal conçu, a fait naufrage à moins d’un mile marin de son point de départ, et ce juste après avoir tiré une salve d’honneur. Ce qui devait être la pièce maîtresse de la flotte d’un état impérial consacrant toutes ses ressources à la guerre a fini… par trente mètres sous l’eau.

Fun fact : la ligne de flottaison était à peine un mètre au-dessous des sabords où passent les canons. À la première vague…

Mais le Suédois est pragmatique : le navire est redécouvert dans les années 1950, renfloué en 1961 (et on découvre alors à son bord des milliers d’artefacts historiques) et on lui consacre l’actuel musée en 1987. Celui-ci constitue un véritable défi car l’épave, qui a passé plus de trois siècles sous l’eau, se dégrade évidemment avec le temps. Pour le préserver, l’immense salle qui l’accueille est maintenue à 18-20° et à 55 % d’humidité. Certains s’interrogent sur l’intérêt de continuer à préserver ce souvenir maritime, mais le musée ne semble pas perdre en popularité. À titre personnel, je l’ai trouvé très bien pensé, et j’aime l’idée de consacrer un musée à un immense échec national. On gagnerait à s’en inspirer.

Le Vasa : théorie et pratique.

Après cette parenthèse historico-maritime, ma guide m’a emmené déguster une glace, car il faisait un soleil de plomb dans un grand ciel bleu, puis j’ai fini par m’écrouler après mes aventures ferroviaires. Aventures qui allaient reprendre le lendemain pour la traversée du pays jusqu’à Luleå, avec plus de succès que ce à quoi je m’attendais…

Mais ça, ça fera l’objet d’un prochain billet !

Hej då!