Dernier tronçon
Lundi 16 juin, 23h50.
S’il y a bien une chose remarquable quand on s’enfonce dans l’intérieur des terres au nord de la Suède, c’est la forêt. Une immense marée verte qui recouvre le paysage dans toutes les directions, à perte de vue, et où l’on trouve pêle-mêle des rennes (mignons), des élans (mignons mais grands et dangereux), et des carcajous (petits, pas mignons et très dangereux).
J’imagine que c’est pour rendre hommage à cette vitalité verte qu’a été commandée la sculpture de Vicke Lindstrand, haute de 9 m, que l’on voit ci-dessus devant la gare d’Umeå, dernière étape avant Luleå dans mon périple. Elle donne une idée de la majesté de tous les résineux qui dominent la région, et de leur présence presque mystique. (Insolite : la personne qui a assemblé cette sculpture en verre et colle epoxy aurait déclaré y avoir caché une photo de Mao Zedong. Voilà, maintenant, vous non plus vous ne savez pas quoi faire de cette information.)
Mais je bavasse et j’oublie de vous parler du trajet qui a été une aventure épique et… en fait non, c’était très simple. Voyez donc :

Ce schéma de couleur un rien anxiogène est trompeur, car j’ai pu prendre sans le moindre problème le Stockholm-Sundsvall de 8h21, puis le bus de remplacement Sundsvall-Umeå (12h00-16h00), et enfin le train Umeå-Luleå (18h43-23h15). Rien à déplorer sinon un léger retard juste avant Luleä (= la croix rouge) car notre train s’est arrêté pour… en laisser passer un autre, de fret. Eh oui, dans le Norrbotten (la région de Luleä), le minerai de fer a la priorité sur les voyageurs.
Rien à déclarer, donc et je crois que je vais laisser parler les photos. Floues, prises à l’arrache parce que, fatigué par le voyage qui touchait à sa fin, je n’arrivais pas à me décider entre lire mon livre, réviser mon suédois et rester à l’affût des belles choses aux fenêtres (sales), floues, donc, mais donnant une idée de la beauté environnante.




Je ne m’en lasse pas. Mais je concluerai avec une remarque sur la lumière. Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué qu’il fait fort jour, malgré l’heure tardive. En effet, comme je me suis dangereusement approché du cercle polaire (à seulement 150 km au nord de Luleå), le soleil ne descend plus assez bas pour qu’il puisse faire véritablement nuit, un phénomène que l’on appelle le jour polaire :

Techniquement, comme je n’ai pas passé le cercle polaire, lorsque je me suis couché vers 00h50 il faisait nuit, en ce sens que le soleil avait passé l’horizon. Maintenant, je vous laisse juger du caractère nocturne de cette nuit grâce à cette photo de ma chambre :

Pour le moment, je dors sans rideaux, sans masque et sans problème. Mais cela durera-t-il une fois la fatigue du voyage résorbée ? L’avenir nous le dira. Mais dans le pire des cas, ça me laissera plus de temps pour explorer !
Hej då!