Luleå ?
Mais qu’est-ce que je fabrique si loin au nord ? Cinq jours et autant de billets de blog plus tard, il est peut-être temps de se poser la question. Deux raisons : premièrement, je suis venu rendre visite à des amis qui vivent ici depuis plus de cinq ans ! J’aime l’idée de faire tout ce trajet pour découvrir un quotidien. Soudain, « là-bas » devient « ici », et on voit les choses sous un jour nouveau.
Ma deuxième raison entre un peu en contradiction avec la première. Comme beaucoup, je suis fasciné par les frontières : la pointe du Van dans le Finistère, Wreck Beach à Vancouver, Rubha Hunish au nord de l’île de Skye… Tous ces endroits m’ont donné l’impression d’être à la limite de quelque chose, que la grande chute d’eau au bord du monde n’était pas loin. Luleå représente un peu ça, pour moi, un de ces là-bas qui bornent mon univers. Mais comme je l’ai dit, c’est aussi un ici, et c’est pourquoi j’aimerais en dire quelques mots aujourd’hui.

Luleå est donc la capitale du Norrbotten, région la plus au nord de la Suède ; c’est la dernière grande ville avant la Norvège loin au nord, et la Finlande à l’est. Le port existe depuis la période médiévale mais elle est refondée par charte royale en 1621, par le roi Gustave II Adolphe. Oui, le même qui commande des bateaux défaillants. Ce projet-ci a un peu mieux fonctionné puisque Luleå est un port important, où l’on trouve une prestigieuse université de technologie accueillant quelque 15 000 étudiants, part non-négligeable de la population totale qui compte environ 80 000 âmes.
Luleå est aussi un archipel : avec ses 1312 îles, c’est le plus grand archipel d’eau saumâtre, c’est-à-dire où se mélangent eau douce et eau de mer. Et en effet, l’eau n’est absolument pas salée (en tout cas pas sur la plage où j’ai goûté). Par ailleurs, pour une raison qui m’échappe, d’autant plus que je suis déjà venu, je me figurais la région de Luleå comme entourée de montagnes vertigineuses et enneigées été comme hiver, mais avec son altitude de 6 m au-dessus du niveau de la mer, Luleå est un endroit… plutôt plat.

Mais au-delà de ces faits objectifs, comment est-ce qu’on se sent, à Luleå ? Plutôt bien, je dois dire. Évidemment, je suis en simili-vacances (comme tout bon travailleur indépendant), mais je dois avouer que la nature omniprésente, les rues larges et le calme qui règne même en plein cœur de la ville, tout ça contraste très fort avec le brouhaha permanent de Paris. Mon petit footing matinal a une saveur tout autre quand il passe entre les pins sylvestres, les aulnes blancs et les bouleaux, et par un des nombreux ponts sur le Luleälven (fleuve qui donne son nom à la ville). Et ça, sans parler de tous les oiseaux, de tous les chiens, et de tous les animaux sauvages qui ne sont jamais loin de la ville (notamment les ours aperçus pas si loin de l’aéroport…)

On se sent bien, donc, dans cet ici. Et maintenant que j’ai eu le temps de souffler après mon long périple, il va être temps de commencer à explorer la région, et de se préparer pour Midsommar… Dont je parlerai la prochaine fois !
Hej då!